Racisme dans le football : à quand la fin ?
- Melvin Brun
- 7 avr. 2021
- 3 min de lecture
En l'espace d'une seule semaine, deux affaires de racisme dans le football éclatent : D'abord Mouctar Diakhaby (Valence FC) en Espagne sur un terrain de Liga puis Imran Louza (FC Nantes) également victime de propos injurieux et de menaces de morts à l'encontre de ses origines.

Mario Balotelli, Imran Louza, Gerson, Paul Pogba, Marcel Dessailly, Mouctar Diakhaby, Webo, Ogbonna, Lukaku : tous victimes de racisme sur les terrains de football, parmi tant d'autres...
Un problème qui ne date pas d'hier
Bien que le football soit le sport le plus populaire au monde, le racisme demeure un des problèmes les plus récurrents dans ce sport pourtant fabuleux. Le premier fait recensé en France date de 1989 lors d'un classique du football français opposant l'Olympique de Marseille à Bordeaux. Joseph Antoine Bell, ex-marseillais et gardien des girondins au moment des faits fut victime de cris de singes et de jets de bananes provenant de quelques supporters marseillais, apparemment mécontents de son changement de camp... Cet événement fut alors le précurseur de premiers mouvements d'opposition venant de la part de la majorité des clubs français qui se mirent à fixer des règles fermes, à l'unisson. Des actes injurieux continueront tout de même par la suite, en 2007 (Stéphane Mbia), 2008 (Boubacar Kébé) puis chaque année malgré la bonne conscience d'une majorité de sportifs et de dirigeants. Les actes racistes se multiplient également partout en Europe, de l'Italie à la Hongrie, en passant par la Lituanie ou encore le Portugal et l'Angleterre, aucun pays n'échappe à ce fléau qui prolifère sur les terrains du monde entier, heureusement qu'il n'est pas contagieux (ouf, pas de confinement). Le racisme n'a pas sa place dans le plus beau sport du monde.
Mouctar Diakhaby et Imran Louza : tous les deux victimes en quelques jours
D'abord Diakhaby, verbalement agressé par Juan Cala (Cadix) en plein match de championnat est devenu fou de rage face au mépris de son adversaire. Tous les joueurs valencians sont rentrés au vestiaire et ont interrompu le match en signe de soutien pour leur coéquipier, à l'image du match de Ligue des Champions entre Istanbul Basaksehir et le PSG. En Espagne, le match a tout de même repris, à la demande de la victime. C'est une nouvelle fois un geste fort qui a été fait par l'effectif du Valence FC, qui porte un nouveau message de combat et de solidarité.
Quelques joueurs plus trad, c'est le milieu du FC Nantes Imran Louza qui a reçu des menaces de mort et des insultes racistes sur les réseaux sociaux. Une vague de haine est très vite montée envers le joueur franco-marocain. Le club des canaris est tout de suite monté au créneau pour soutenir son milieu de terrain à travers la publication d'un communiqué officiel : "Le club tout entier est donc profondément choqué par les menaces et les insultes racistes dont Imran a été victime. Ce n'est pas la première fois que des membres du club reçoivent ce genre d'attaques, que nous condamnons fermement. Nous ne relâcherons pas nos efforts pour faire cesser cela." peut-on notamment lire.
Quelles mesures en 2021 ?
Aujourd'hui, il existe une multitude de lois condamnant fermement tous les actes racistes. Au-delà de l'aspect purement législatif, il est primordial de créer de nouveaux dispositifs afin de faire bouger les lignes et de mener une vraie politique antiracisme. L'UEFA a notamment mis en place un projet d'éducation de lutte contre le racisme auprès des plus jeunes afin d'inculquer les valeurs qui sont chères à notre humanité. Des conférences sont organisées, une journée contre le racisme a été instaurée, des jeunes sont régulièrement invités à participer à des ateliers. La FIFA met également en place un règlement très strict sur le plan sportif puisque depuis 2019, un acte raciste, quel qu'il soit, donnera lieu à une défaite sur tapis vert. Des mesures, il en existe énormément, la parole doit continuer à se libérer, les mouvements de solidarité doivent perdurer, mais quand aurons-nous anéanti ce fléau qui nuit à un sport cosmopolite, fédérateur et populaire ?
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